Comment j'ai vécu l'annonce du handicap ...

10/03/2018

Le jour du diagnostique de mon deuxième enfant, j'ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Si le doute était encore la seule raison de me battre, le jour de l'annonce a tout renversé sur son passage. Balayés, les rêves que j'avais de sa vie. Balayés, les espoirs d'une vie paisible, je devais tout revoir mes projets. 


C'est peut être terrible de penser comme cela mais c'est pourtant la réalité. 
En tant que maman nous devons faire le deuil : Le deuil de notre enfant idéal, celui qu'on avait imaginé grandir et s'épanouir comme une fleur. C'est une confrontation brusque avec la réalité qui nous rattrape. 

Quand j'ai entendu ce mot, "déficience intellectuelle", je me suis mise à pleurer. Une grosse angoisse est montée en moi et j'ai dû pendant quelques jours encaisser cette nouvelle. 

Cela ne remettait pas en cause l'amour que j'ai pour mon enfant, loin de là. Mais je devais moi, me remettre en question. 

Il est vrai qu'être atteint du TDAH ou autre handicap ne doit vraiment pas être évident à vivre pour nos enfants. Mais on a tendance à oublier ce que vivent les parents aussi. Car le handicap ne concerne pas que l'enfant en lui même, il concerne tous les membres de la famille. 

Au bout de quelques jours l'espoir est revenu. Après avoir accepté la nouvelle je me suis sentie finalement soulagée. 

Car ce que les médecins ont tendance à oublier, c'est le cauchemar en tant que parent que nous avons vécu pendant 5-6 ans voire plus pour certains.

Le nombre de fois où ils ont accusé mon éducation. Le nombre de fois où on m'a conseillé de consulter un psy car je devais faire des erreurs avec mes enfants. Le nombre de fois où on m'a regardé de travers dans un rayon de supermarché, pendant que mon fils me tapait ou hurlait en se roulant par terre. 

"Mauvaise mère ... Regardez là celle là elle ne peut même pas gérer son enfant ! ... Une bonne claque oui ! ... Si c'était moi ça ferait longtemps que j'aurai rectifié la situation ... " 

Ces phrases ne vous rappelle rien ? Elles ont été notre quotidien pendant les premières années...

Et un jour, Ce Jour, tout s'efface. Finalement ce n'était pas moi le problème. Finalement je n'aimais pas trop mon enfant au point de le transformer en enfant Roi. Finalement pendant toutes ces années .... j'étais une bonne mère !

Si ce jour, LE jour, est arrivé pour vous, dites vous que je suis de tout cœur avec vous. Le choc passera vite n'ayez crainte. D'ici quelques jours vous retrouverez votre caractère de battante prête à défendre ses petits comme une lionne. 
N'ayez pas honte d'être choquée, ni même d'être déprimée. C'est tout à fait humain de passer par cela. 
Je vous souhaite beaucoup de courage et je suis là si vous avez besoin de conseils. 

Amicalement, 

Lily